Le
virtuel, en escamotant l'espace, le temps, la matière et
donc le corps, réduit l'image à rien. Sans contenant
elle perd tout contenu. A l'altérité le virtuel
substitue la frénésie de produire : cliquer, effacer,
jeter, retoucher, changer, recommencer.... Le virtuel s'apparente
au plaisir, au pur plaisir de l'image pour l'image... Le virtuel
menace l'écriture.
Et si pourtant nous nous emparions de l'image virtuelle, pour
décliner là justement où elle faisait défaut,
pour donner corps à ce qui, sans elle, se perdrait dans
les limbes du virtuel ; pour faire de l'inaccessible un possible,
non plus "objet" de saisie manipulatoire, mais "sujet"
de saisissement émotionnel. |