A quelques spectateurs égarés, cuvant encore leurs débauches thèâtrales, la vie grouillante des halles apparaît comme le dernier spectacle en Avignon. Dans ce décor riche en sensations de toutes sortes, on voit un camelot déclamant les vertus d'un coupe légumes à des badauds qui se bousculent. Deux poissonnières s'apostrophent sur la fraîcheur de leurs merlans respectifs sous les yeux médusés d'une cliente hésitante. Alors qu'accoudés au zinc, des maraîchers en sarrau gris s'abreuvent de bons mots grivois pour le plus grand plaisir d'un jeune apprenti qui cependant rougi. Ces verves populaires, par leurs intonations variées et leurs accents qui se superposent et se mélangent, font de ce lieu un opéra populaire où la vie se confond avec la dramaturgie.

Jacques dupressy, Dernier spectacle