Subrepticement
se substituèrent d'autres traits à ceux qui là
dans le miroir auraient dû être les siens. Une panique sourde
s'insinua, mais avant qu'elle n'anesthésie sa pensée,
elle affirma, haut pour se convaincre, que ce qu'elle venait d'entrapercevoir
n'était qu'un reflet. Le reflet de ce qu'elle ne connaissait
que trop bien pour vraiment vouloir s'en souvenir. Elle sortit du labyrinthe
que faisait la succession des miroirs renvoyant son image à l'infini.
Et, ayant quitté ce lieu de tout les possibles, elle se sentit
sans souvenir. Il était toujours possible de refouler. Mais sans
passé, un avenir était-il possible.
Jacques
Dupressy, Sans suite