D'où lui venaient ces images ? Sans doute d'une mémoire imaginaire. Et que restait-il aujourd'hui de ces apparences qui avaient un air, un air seulement, de réalité connue ou reconnue ? Ces impressions, usées par le temps, peu à peu se disloquaient. Il restait dans le souvenir une place immense. C'était comme si tout pouvait recommencer. Une autre vie peut-être, mille vies. Mais quelque chose disait que c'était le tangible qui avait déménagé (à moins qu'il ne se soit jamais vraiment installé) laissant place, par ce grand vide, au tourbillon de la folie.

Jacques Dupressy, Mémoire morte.