Lorsque
les derniers spectateurs ont déserté Avignon, les rues
gardent pour quelques temps encore les stigmates de ce délire
collectif. Pour l'instant ne semblent rester que les coulisses de ces
frasques théâtrales auxquelles les décors auraient
été brutalement arrachés. D'autres acteurs bientôt
envahissent l'immmense scène désertée. Les avignonnais
sortent enfin de cette longue parenthèse, le regard, décontenancé
et fiévreux, à l'affût de traces attestant que leur
cité n'est point ville engloutie sous la cendre des passions
qui l'ont, ces dernières semaines, embrasée.
Jacques
Dupressy, Parenthèse avignonnaise