N’est, naît que ce qui est reconnu. A l’origine il y a la révélation, dans le regard d’un autre, de ce que je suis, de ce que j’ai, de ce que je fais.
Etre, Avoir, Faire : Trois mots qui à eux seuls recèlent toute la grammaire du sujet.
N’existe que ce qui est nommé, déchiffré et atteste la différence. A l’origine il y a du comparable. L’origine c’est de la différence.
A l’origine il y a donc de l’écriture et l’écriture devient de ce fait une question d’Amour. L’Amour qui substitue le texte de l’existence au pré-texte de la vie. Sans ce texte le corps ne serait qu’innommable chair puisque innommé L’écriture c’est de l’Amour qui vient faire tiers. L’origine est une co-naissance.
A l’origine du parcours dont ces pages témoignent, il y a Fernand MAUREL, mon grand-père.
Il était une fois, Fernand MAUREL, peintre du Verdon, qui sous cette appellation jouissait d’une notoriété régionale. Il eut, peut-être l’impudeur, sans aucun doute le courage, d’accepter, lors des étés que je passais chez lui, que j’assiste à son corps à corps avec la toile. De cette époque datent le printemps, l’automne et l’hiver. L’été, je ne l’ai jamais représenté. Je n’en ai perçu le sens qu’après sa disparition. C’est le manque, l’absence, qui nous poussent au désir ; au désir de créer, de représenter, d’écrire.
A l’origine il y eut
l’automne,
l’hiver,
le printemps,
longues saisons passées loin d’un grand-père aimé.
A l’origine il y a
le regard attentif de Fernand MAUREL sur les balbutiements d’un adolescent.
A l’origine,
Il y a de la dette.