C'est devant un public dense que vendredi dernier, à
la salle "Le Parc", les sept jeunes de l'Atelier Ecriture(s)-Théâtre
de la MJC de La Roche sur Foron (74) on présenté, avec
l'active complicité de Dominique et Jacques Dupressy, le résultat
de deux années d'un travail de création fructueux : "Thérèse
ou la révélation".
"Thérèse" est une suite de textes écrits
par les jeunes comédiens eux-mêmes, articulés autour
d'un personnage énigmatique, la fameuse Thérèse,
qu'on ne verra finalement jamais mais dont chacun entend présenter
l'une des multiples et souvent contradictoires facettes.
Le procédé n'est certes pas nouveau qui, de Daudet à
Beckett, de l'Arlésienne à Godot, consiste à bâtir
tout un univers, tout un discours, autour d'une figure absente mais
obsédante, omniprésente. Toutefois les sept jeunes écrivains-comédiens
l'investissent avec tant d'inventive maestria qu'ils parviennent à
nous faire oublier leurs illustres prédécesseurs en nous
proposant un troublant vertige où une certaine et discrète
métaphysique fait bon ménage avec un humour constant.
Nous saluerons ici bien bas la haute tenue des textes et l'autorité
avec laquelle les jeunes acteurs incarnent tour à tour différents
personnages venus là témoigner de leurs liens avec l'insaisissable
Thérèse.
Quant à la révélation promise (et selon l'irrécusable
principe qu'on ne voit bien midi qu'à sa porte) la nature de
celle-ci variera au gré des interprétations qu'en donnera
chaque spectateur.
Disons simplement que, pour nous, Thérèse confirme que
le langage est à la fois masque et révélateur et
peut-être d'autant plus révélateur qu'il se veut
masque..." I.P. Dauphiné Libéré
du 27 avril 1998, page 11-74B.
Extrait :
J’entends
encore son rire tinter à mes oreilles et sa voix qui
me réconfortait alors que je doutais de moi-même...Elle
était toujours là pour moi, prête à
me prêter son épaule pour assoupir mes pleurs.
Elle savait trouver les mots justes pour me redonner confiance.
Elle savait aimer. Mais moi l’ai-je aimée? Me suis-je
préoccupé de ses chagrins ? Ai-je seulement ri
quand elle en avait besoin. Si j’avais eu du courage je
lui aurais dit que je l’aimais, que je ne voudrais jamais
la quitter. Mais elle a disparu un matin alors qu’une
pluie glaciale tombait du ciel ; une pluie à rendre morose
même la plus belle journée. Si j’avais eu
du courage, j’aurais remarqué les larmes qui perlaient
sur son visage. J’aurais pu la retenir, mais elle contenait
tant de souffrance en elle-même, que même les plus
belles fleurs n’auraient pu ré-illuminer son coeur.
Ces fleurs que je dépose maintenant à ses pieds.
Je me dis qu’il y a sans doute une bonne raison pour qu’on
me l’ait prise. Je me dis qu’elle doit être
enfin heureuse et qu’elle a mérité de se
reposer.
Si j’avais du courage, Thérèse, je te parlerais.
Thomas C.
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